Sorte d’ode au Dod par Yves Exbrayat

Avec Tronc dans les Alpes / la grande boucle commence
Si Tronc était pressé, / il aurait tout comme Lance
pris de l’EPO pour / attaquer l’aventure
Mais dans l’éthique du Dod, / pas question de mixtures
Y’avait pas le feu au lac / pour atteindre le Léman
Frontière suisse oblige / faut y aller lentement

Avec Franck, sur le Rhin / à grands coups de pagaie
remonter le courant / c’est dur et c’est pas gai,
Passant par Lorraine / les Vosges et les Ardennes
Dod a repris la terre sur / son vélo dondaine
changement de paysage / pour un p’tit virolet
Avec Gaby le Belge/ dans le Nord Pas de Calais
au milieu des terrils / des corons et des mines
Dans les bois où avant / il y avait des usines

Hardi, Hardi Serge , le moral en béton
prend le relai sur / le littoral breton
Et de confier le Dod aux voileux d’Ouessant
pour hisser la grand voile dans les vents rugissant
au large des menhirs qu’il s’agit de gravir
quand Sido et Eric / s’encord ent à Pen Hir

La galère du Dodtour c’est bien les Pyrénées
Elle aurait pu durer la moitié de l’année
L’attente du beau temps pour faire la traversée
Sur les pics hérissés avec les Périssé

Dod au soleil enfin, des Calanques de Marseille
Peut enchainer les voies campé sur son orteil (rime pauvre, mais fallait la trouver, celle-là)
Grimpant rapidement avec foi, et Foissac
Au dessus de la mer , dominant le ressac
C’est loin d’être fini, plus au Sud, ça se corse
Sur l’ile de beauté où il jette ses force
avant de retrouver / le sol continental
pour boucler rapidos / plus d’un an de cavale

Il s’est quand même payé / attendant le créneau
Quinze jours de vacance / chez les Damilano
Avant de terminer / sans perdre un seul neurone
quinze mois d’errance / autour de l’hexagone

Voilà nous pouvons / l’accueillir en héros
qu’il ne serait pas tant / s’il n’y avait Véro
Reine du camping car / star de la logistique
Diva indispensable / au voyage extatique
Eh Dod je te le dis / ton voyage m’épate
C’est carrément un truc / de très grand psychopathe

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Résumé des derniers jours bien intenses… (du 2 au 5 oct)

Vendredi 5 octobre: étape multisports avec la traversée à la nage du lac de la Vecchia à 2674m d’altitude… La frontière a eu la curieuse idée de le traverser en plein milieu! Eau bien fraîche… Puis «dahu» dans les barres rocheuses et chasse au trésor, pardon, aux bornes, jusqu’au col du Mont-Cenis. Arrivée pile poil sur la borne à l’aide de la corde pour passer l’ancien tunnel ferroviaire.
Jeudi 4: Greg (Coubat) se joint à nous du col d’Ambin au col du Clapier. Pas mal d’arêtes sauvages vers la Pointe Ferrand… On échappe à la traversée des Dents d’Ambin qui sont en fait complètement en France. Les Rochers Pénibles deviennent ludiques (!) avec pas mal de rappels très raides et des sauts plus ou moins osés… Victor(Charon) se surnomme « Chamois 73 » et me rebaptise « Chamois 05 »! Arrivée tranquille au refuge Avanza où on retrouve Djodjo (Georges Jouzeau) qui a monté outre la combi néoprène pour le lendemain, de l’excellente pâte de coings de sa confection. Merci Oliv (Broumault) et Pascal (Gilbert) pour le prêt du matos natation Eaurigine!
Mercredi 3: belle journée variée. On enchaîne les Rochers Cornus, la Rognosa d’Etache (avec une belle barre au milieu), la sympathique Pointe du Sommeiller et les belles crêtes larges jusqu’au bivouac Walter Blais au col d’Ambin dont les abords sont colonisés par les bouquetins. Greg nous rejoint le soir avec Val, la femme de Victor.
Mardi 2: grosse bambée du col de Fréjus au col d’Etache d’environ …11 heures! Victor est tout de suite dans le bain avec notamment la traversée de l’Aiguille de Scolette bien longue, bien déchiquetée, bien schisteuse. On est ravis!

Merci Biche (Marie-Jacques Prud’Homme) pour tous les portages du col de Larche au col du Mont-Cenis! Merci Djodjo!
Désormais c’est Clément (Bléteau) et GrandJo (Jonathan Gault) qui assurent les ravitos.

Dodicaces Méditerranée

A Véro, sans qui le Dodtour ne serait pas, qui s’est une nouvelle fois débattue pour que « tout roule »
A Léo et Rémi: fiston et amis de Lapin, à Delphine , et à Christine Mougin qui ont assuré avec brio l’assistance kayak/pirogue.
A Lapin (Gilles Lelièvre), Olivier Combes, Eric de Palavas, Lionel Mougin, mes compagnons de rames (et de galère… !)
A toute l’équipe du Yéti de Montpellier (http://www.le-yeti.net/): Mickaël Rouault, Jules Assemat et Hélène pour la belle soirée barbecue à Palavas.
A la famille Pessonnier/ Coloumines, venus me surprendre sur une plage de l’Esterel.
A Marie Pellé, Lulu (Steph Lucchini), Fabien Leleyter, TOP zodwoman ou zodmen , et parfois aussi grimpeurs.
A mes compagnons de cordées des Calanques, vieux fidèles ou nouveaux : Marie et Lulu, Norbert, Seb Foissac, Maxime Jacquemont, Seb Fabre.
A Jean-Claude Déoune pour une première matinée dans les Calanques.
A Meliha de la Snef, qui se sera débattu avec la location du zodiac…
A Thomas le webmaster : prend un peu de vacances !
A Toto, Peyo encore Lulu, base-jumpeurs venus sauter pour le dodtour : dommage que cela ne l’ait pas fait à cause du vent.
A Xav Tranchant, qui comme dans l’Arête Haut-Alpine, m’aura débloqué une situation critique à la dernière minute !
A Henri Vincens, auteur d’une traversée des Calanques « ultimate » au ras de l’eau, qui m’aura énormément tuyauté sur les Calanques : chapeau et merci.
A Philippe Matthews de la Pointe Rouge qui nous a ouvert les portes de son garage: merci! Et merci à Oliv Broumault pour la mise en contact!
A tous ceux qui se sont démenés pour trouver un voilier pour la Corse : Eric Loizeau, Alain Gabbay de la Ciotat, Patrick Derreumaux.
A Manou, Fred Glo et l’équipe de Tribe pour la soirée soupe au pistou super sympa !(http://www.tribesportgroup.com/)
Au club de kayak de Palavas-les-Flots et à l’école de voile de Lalonde les Maures, pour le superbe accueil.
A Fred Pieri du Xridair team et Héléna pour le sympathique camp de base Alpes-Maritimes.(http://www.xridair.fr/)
A Daniel Villaret skipper du bel Aranui, et à David Picamoles sponsor (http://www.tekosocks.com/ & http://feathercraft.com/ ) et surtout amis pour tous les bons moments passés ensemble sur la partie Corse. Mille mercis d’avoir joué le jeu du Dodtour et de son spirit jusqu’au-boutiste, tout ça malgré les conditions de vent!!! A quand une traversée de l’Atlantique ensemble ???
A Romain de la capitainerie de Hyères, et monsieur Mariani de la capitainerie de Calvi, pour l’accueil.
A la famille Pilliard de la Trinité-sur-Mer croisée en voilier au large de la Corse !
Mention spéciale à Lapin qui aura fait le début et la fin du pourtour méditerranéen, et la traversée aller en Corse (avec une journée de 10h de rames) : Hot Rabbit que j’aime…
Et à tous les plagistes interloqués par notre passage sur le littoral !!!

4 jours de pirogue dans les eaux (pas toujours) turquoises des côtes varoises – Lionel Mougin.

Fin du boulot à 17 h , chargement de la pirogue et avec Christine direction La Ciotat, hyper motivé pour ce projet d’accompagner Dod à longer l’ensemble des côtes par la mer (puisque par la terre au vu de la saison et de la géographie des lieux, ce n’était pas très intéressant pour lui) . Longer avec Dod, c’est longer ! Ce n’est pas suivre comme on a l’habitude de faire en kayak, du coup même si je connaissais quasiment l’ensemble de l’itinéraire, j’ai encore plus « exploré » et même découvert de nouveaux trucs jamais vus auparavant !!! On a suivi presque tout du long à 50 m du bord sauf au droit des plages quand il y avait les bouées et on rentrait dans les criques que lorsqu’on pouvait tourner au fond sans manoeuvrer.
Le découpage des 4 jours s’est programmé en fonction des jours de congé que l’on a pu poser avec mon épouse, de la distance que l’on pensait parcourir, des haltes possibles dans des coins sympas … Restait à avoir une météo clémente …
Jour 1 : La Ciotat – Saint Mandrier – 57 kms – dont 10 kms avec la voile et 8 h de rame
A noter que l’on n’a pas pu faire le tour de la rade de Toulon car interdite aux kayak, on a même été en infraction sur quelques kms pour arriver et partir de Saint Mandrier.
http://www.calculitineraires.fr/index.php?id=213417#map
Jour 2 : Saint Mandrier – La Londe Les Maures – 59 kms – dont 10 sous voile et 9 h de rame
Arrivée au club de voile et accueil chaleureux avec un verre de sangria maison, l’atelier pour faire un peu de résine ( car Dod parait-il porte la poisse aux gouvernails! ) et une nuit dans l’enceinte fermée du club , super sympa et merci à toute l’équipe du club!!!
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Jour 3 : La Londe – L’Escalet – 58 kms pas de voile sauf a l’arrivée pour la photo, léger vent dans le nez et 10 h de rame. Arrivée chez des amis à Dod (Fred Glo et son équipe): le pied ! Le coin est calme ! Beau ! Le soir, la soupe au pistou a été mémorable ! Le tout suivi d’une « tropézienne » toute fraîche: on avait des réserves pour la dure journée du lendemain après une nuit « trop » courte!!!
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Jour 4 : L’escalet – Port Miramar – 80 kms – 5 kms sous voile mais pas top – du vent 2/3 dans le nez tout du long – beaucoup plus de monde – mais fin formidable dans l’Esterel au couché du soleil après plus de 12 h de rame et pose glace à Agay avec des amis de Dod qui nous ont vu passés (Christine Pessonier, Laurent Coloumines et leurs enfants).
http://www.calculitineraires.fr/index.php?id=213420#map
Voilà en chiffres le « périple » et voici en lettres les impressions :
La navigation à raz le bord a été plus difficile au droit des caps et des falaises car le ressac était bien présent suite à une houle résiduelle du coup de vent des jours derniers. On a aussi subi presque tout le long de la dernière étape les « vagues du vent » car chose drôle même si le vent était dans le nez vu que l’on navigue parallèlement à la côte les vagues étaient de travers.
Sinon il y a toujours quelques chose à voir et la navigation n’a été à aucun moment monotone.
J’ai apprécié le calme du matin et dans la journée les longs moments de silence durant lesquels même si on est deux sur le bateau, on n’a pas besoin de parler et on peut donc chacun s’échapper dans ses propres pensées .
A l’inverse des moments de silence comme cette fin de journée au soleil couchant où les côtes sont de nouveau presque désertes et où l’on prend le temps de ramer plus cool et de discuter.
Sinon personnellement j’ai apprécié durant toutes les journées sans faillir le coup de pagaie de Dod, la pirogue à fait des bonnes moyennes sur une telle distance et dans des conditions pas toujours favorables. Je crois que de toute ma vie en 4 jours je ne reverrai jamais autant de maillots de bain ( ou pas ) et heureusement on n’a accroché que deux lignes de pêcheurs et on s’est fait engueuler qu’une seule fois.
PETIT compte rendu ( c’est pas le lieu pour parler de l’état de nos côtes… ) et GROS SOUVENIR !

Petit résumé de 5 jours dans le Dodtour: du Mont Valier à la Pica d’Estats par Pierre Périssé.

L’hiver est passé avec son cortège de beau et mauvais temps. Impossible de trouver du temps pour partager un petit moment de traversée des Pyrénées avec Dod et ses acolytes.
Il aura fallut attendre le mois de juin pour enfin rejoindre le « petit bonhomme » avec son sac à dos qui se balade sur une frontière virtuelle de mon écran d’ordinateur.
Rentrer dans la réalité du « Dodtour », c’est un peu comme prendre un train en route. Pas de chef de gare pour le faire ralentir, on saute avec son barda pour l’attraper et vaut mieux bien s’accrocher parce que ça décoiffe !
C’est ainsi qu’avec Charlie nous avons retrouvé Morgan et Dod au refuge des Estagnous. Stéphane nous a accueilli chaleureusement et fait manger un gros plat de nouille. A mon avis, vu la dose de pâtes, le Stéph’ se doutait bien qu’on en aurait besoin ! Les deux compères, eux, dormaient déjà.
Départ au petit matin dans une montagne magnifique saupoudrée de neige. Les prévisions météo sont bonnes pour les jours à venir, donc c’est parti !
A partir de cet instant, chaque pas réalisé sur la frontière vous oblige à une extrême concentration. Exercice souvent périlleux et vertigineux sur la faîtière de nos vieilles Pyrénées, avec des moments où la poutre maîtresse montre des signes de faiblesse ! Poser le pied au bon endroit, peaufiner la prise avant de la serrer, garder l’équilibre dans une rafale de vent de sud, vous oblige à rester concentré sans cesse. Puis quand on lève le nez, on voit la crête frontière se profiler vers l’obstacle suivant et ainsi de suite…  Pas de sieste au programme mais par contre, le bonheur d’évoluer tous ensembles, Dod avec son grand sourire et Morgan avec sa sérénité impressionnante !
La phase d’adaptation passée, le corps et l’esprit s’endurcissent.
Bon, ça, c’est tout simplement pour vous dire que le Dod Tour c’est pas des vacances et comme nous l’ont dit une équipe de Catalans au sommet de la Pica d’Estats, le Dod Tour « Es Brrrrutal !!! »
Un grand merci à Stéphane du refuge des Estagnous et à Dan et Patrick du refuge de l’Etang Pinet qui ont démontré encore une fois l’accueil légendaire des gardiens de refuge Ariégeois.

Ravito par Mateo Christophel

Une affaire de portage devrait toujours être aussi une affaire de partage…
Et c’est bien ainsi que cela se passe dans ce tour de France par la frontière, projet qui m’a évoqué des histoires à la Jules Verne, dans lesquelles l’énergie d’une idée provoque des rencontres, la mise en commun de connaissances et de compétences.
Chacun fait ce qu’il peut si il veut accompagner le Dod, voyageur montagniste au long cours, qui trace son chemin d’un pas tranquille mais décidé, selon l’itinéraire qu’il s’est choisi et avec une éthique qui lui est propre.
Ce n’est pas un conquérant, même de l’inutile.
On dirait plutôt un passant, sauf qu’il est infatigable et que ses promenades sortent du commun !

Pendant ces quelques semaines nous avons donc partagé pas mal de choses :
– en premier lieu un énorme tas de matériel et de nourriture, avec en prime les maux de tête afférents à leur stockage et distribution;
– les incertitudes de la météo;
– quelques kilomètres de déplacements, les uns par la frontière des Pyrénées, les autres autour mais jamais très loin;
– des moments de tension, d’autres de bonne humeur;
– des levers de soleil uniques ( comme tous les levers de soleil, mais avec de beaux points de vue! )
– des soirées en refuge et de bonnes discussions;
– des traces de pas dans la neige, des longueurs de cordes et des arêtes en rocher plus ou moins pourri ;
En fin de compte, des instants de vie dans la nature et dans la montagne, qui est à mon sens un des derniers espaces de liberté qui nous reste, là-haut où chacun choisit encore les règles de son propre jeu.

Bon courage Lionel, on dit que quand il y a une volonté, il y a un chemin. Pas de doute alors, tu as encore un sacré bout de chemin devant toi.

Journées des 7 et 8 juin: un peu de repos après une étape longue et mouvementée!

Aujourd’hui, il ne fait pas beau: c’est repos à Melle chez l’incontournable monument du pyrénéisme qu’est Louis Audoubert.
Louis a été le premier et le seul avec son compagnon de cordée Guy Panozzo, à faire une traversée intégrale des Pyrénées en suivant la ligne de partage des eaux. C’était dans les années 80. Il a beaucoup tuyauté Dod car la frontière suit souvent cette ligne. Ainsi le Dodtour met ses pas dans ceux de ce grand alpiniste et himalayiste.
Grasse matinée jusqu’à 9h: ça change du lever habituel à 4H30!

Hier, très longue journée qui démarre par une montée depuis le col du Portillon moins pire que prévue. Puis à nouveau de belles crêtes herbues d’où la vue est magnifique mais le vent très fort. La frontière emprunte un petit bout du GR10 sur lequel Dod et Morgan croise une randonneuse. Incroyable! C’est Nadine, la cousine ariégeoise de Tronc!!! (Tronc, ami de longue date de Dod a été dans le Dodtour, son compagnon de cordée sur la traversée du massif du Mont-Blanc au Léman).
Ensuite, c’est 1000m de dénivelé à descendre par des pentes raides et à bartasser, en particulier au dessus des rives du ruisseau du Terme, pour rejoindre le lac de barrage sur la Garonne à Pont du Roi. La frontière franco-espagnole passe au milieu de ce lac.
Comment ferait-on dans ce Dodtour sans la tribu Adisson??? Jérôme, cousin de Frank (chef logistique kayak/pirogue du Dodtour) et neveu de Marco (qui est venu remonter la Bidassoa), est là avec les kayaks de Marco.
A partir de là, ça ne va pas rigoler…
D’habitude, il n’y a jamais de courant sur ce lac de barrage mais là, la Garonne est énorme, gonflée par la fonte des neiges. Elle déborde du barrage, créant un courant impressionant qu »il va falloir remonter… ça promet du kayak sportif!
Morgan et Jérôme en K2, Dod en solo vont pagayer comme des brutes face au courant tumultueux. A 20m de l’arrivée, Jérôme va même venir à la rescousse de Dod car le nez de son kayak est en train de se faire prendre par ce courant « de malade »!
Bref beaucoup d ‘émotions pour quelques … 400m de frontières aquatiques!!! ça achêve Dod et Morgan déjà bien épuisés de leur journée…
Heureusement à l’arrivée, il y a Louis et Gilberte Audoubert venus ouvrir leur maison de Melle pour accueillir toute l’équipe du Dodtour. Inutile de dire que ça a bien festoyer hier soir!!! Et puis, question gastronomie, Louis ne plaisante pas. Quand il partait en expédition, le sac déjà bien chargé de tout le matériel d’alpinisme, il n’oubliait jamais son saucisson, son pâté, sa boite de confits etc… Alors hier au dîner, c’était foie gras et entrecôtes énormes grillées sur le feu de cheminée! Le tout bien arrosé, ça va de soi!

Nouveau récit de Morgan

Gavarnie, le 19 Mai 2012

Les copains étaient là la journée du lundi 7 Mai, jour du départ du col du Pourtalet après cinq semaines d’attente. Ce temps d’attente aura été une initiation à la patience, chose pas évidente quand l’on vit l’aventure près de chez soi.
La présence de Damien Lacaze, Rémi Thivel et Xavier Giraudet nous a aidé à nous relancer pour continuer la traversée.
Les premiers jours étaient difficiles à cause du temps plus qu’humide et de la neige tombée les jours précédents. Nacho et Matéo nous ont porté le jour même au Col de Sobe : réchaud, tente, nourriture, duvet et tapis de sol (sauf le mien!). Les conditions étaient difficiles, il y avait du vent, il avait neigé par moment et nous étions quatre dans une tente trois places !
Le lendemain nous nous encordons à quatre sur la même corde pour redescendre le Pic d’Arriel. Il y avait du brouillard et pas mal de neige sur l’arête. Nous avons décidé de descendre au refuge d’Arrémoulit. Nous étions bien mouillés, les chaussures de Damien étaient trempées et mon duvet avait prit l’eau. On se pose des questions : arriverons-nous à aller jusqu’à l’abri Michaud au pied du Balaïtous le lendemain? Impossible ! Nous décidons de rajouter une journée et de rationner un peu la nourriture (heureusement il y en avait de laissée au refuge). Nous sommes donc partis légers le lendemain pour grimper le Palas et revenir au refuge.

La suite sera plus agréable, le moral des troupes resté au beau fixe a fini par faire revenir le soleil et on en profite pour faire sécher les affaires. Quel plaisir de boire du Coca déposé avec la nourriture par nos chers porteurs au Col Noir ! Cette traversée ne pourrait se faire ainsi sans eux, c’est un véritable travail, un travail d’équipe qui demande beaucoup d’organisation.

Vers 15h le soleil est radieux au sommet du Balaïtous et nous faisons une belle plate-forme avec nos pelles pour un bivouac quatre étoiles. Après de grandes négociations avec Martin, nous décidons malgré ses ruminations voire insultes de mettre le réveil à 4h30 car la journée du lendemain s’annonce longue. Non, ce n’est pas une mince affaire l’Arête du Costérillou et celle du Diable avec les sacs que l’on a. Il a fait incroyablement chaud durant cette journée sur les arêtes. Alors que Dod et Martin courent sur les arêtes, Damien et moi évoluons sereinement en profitant au maximum du cadre somptueux qu’offre le massif du Balaïtous.

Damien nous a quitté au col de la Peyre St-Martin comme prévu. J’ai beaucoup apprécié sa présence très discrète durant ses quatre jours. Même dans le crux de la journée alors que l’on est à fond, il trouve le temps de se rouler une clope sans que cela nous retarde !

En deux jours nous arrivons au pied du Vignemale. Nous décidons de quitter la frontière et de rejoindre le refuge des Oulettes. Après les grosses journées accumulées, nous salivons à l’idée de boire une bière fraîche, de se faire servir un bon plat chaud… Nous laissons toutes nos affaires au col des Oulettes et descendons à fond comme des gamins direction le refuge. Plus nous approchons, plus nous sommes excités à l’idée de ce que l’on va se mettre dans le ventre… Sauf que les volets de la cuisine sont fermés et que le gardien n’est pas là ! La déception et la colère nous rattrapent ! Nous avons tout laissé au col. Heureusement des Espagnols sont là, leur générosité est à la hauteur de leur gentillesse et ils nous donneront largement de quoi dîner.

L’escalade de l’Arête de Gaube se fera dans une ambiance hivernale. Martin a grimpé les longueurs du haut de l’Arrête de Gaube pas faciles dans ces conditions (pas de topo, vent du nord saisissant, gros sacs…) Malgré tout nous passons quatre heures à gravir le Vignemale et quand nous sortons de la face Nord il n’y a plus le moindre souffle d’air. On a l’impression de sortir d’une bataille ! Nous cassons la croûte, ça fait du bien car le petit déjeuner était quand même léger !

La suite est gratifiante, nous enchaînons les sommets à trois milles mètres d’altitude entre la Pique Longue et le Pic du Milieu après le Grand Tapou. Ca fait du bien au moral d’avancer rapidement sur les crêtes, chose très rare ! Cependant en fin de journée, après la brèche du Tapou nous rencontrons trois tours à escalader et désescalader, nous demandant de nouveau une concentration extrême.
Arrivé au Port du Plat d’Aube, là où nous posons le bivouac, une agréable sensation d’avoir bien travaillé nous envahit. Le lendemain nous serons au Port Boucharo au dessus de Gavarnie et nous déciderons de nous reposer une journée avant d’attaquer la traversée du cirque. Nacho et Matéo nous attendent avec le camion pour nous descendre au gîte Caf de la Grange de Holle où les gardiens Joseph et Catherine nous accueillerons chaleureusement.

J’ai l’impression de sortir d’un univers et d’entrer dans un autre. La musique du camion de Matéo me fait planer à dix milles kilomètres, mes sens sont déployés plus que dans la vie quotidienne. Ce n’est pas anodin de passer dix jours en montagne, loin de la civilisation, du confort matériel, de toutes informations (politiques…), sans téléphone ni ordinateur…

Je trouve notre cordée très riche humainement. Dod nous entraîne dans un très beau voyage à l’intérieur de nous même. La présence de Martin me fait penser à celle d’un grand frère, son attention et son écoute me donne de la confiance et son humour me fait garder le sourire dans les moments difficiles. Merci les gars ! Merci aussi aux copains qui s’intéressent et nous soutiennent à travers cette expérience !

Le voyage continue !

J18 de la traversée des Pyrénées par Rémi Thivel:

Hier lundi 7 mai, j’ai eu le plaisir d’accompagner le « Dodtour » pendant quelques heures. Arrêtés depuis un mois pour cause de mauvais temps durablement installé, Lionel, Martin et Morgan pouvaient enfin repartir du col du Pourtalet, jusqu’au du col de Sobe pour cette première étape vers les Pyrénées Centrales. Xavier et Damien s’étaient également joints à ce nouveau départ. De très belles lumières, un vent insistant et une ambiance joyeuse ont accompagné ce petit bout de chevauchée sur le fil de la frontière. Les montagnes sont encore très enneigées et j’ai pu me rendre compte de l’ampleur de l’aventure qui les attend jusqu’à Cerbère. Chapeau les gars. Je crois que je vais plutôt m’inscrire pour accompagner Lionel pendant la traversée de la côte d’Azur en plein mois d’août.

DODICACES DE MARS/AVRIL

A Véro, qui m’aura suivi plus de 7 mois avec le Camping-Car, réalisé un travail de malade, sans qui le dodtour définitivement ne pourrait exister. Merci Merci Merci.
A Nacho et Mateo, nos amis qui désormais assurent avec coeur les ravitaillements etc…
A la famille Prévitali-Miranda (Jean-Louis, Martine, Mado), retrouvée avec bonheur depuis les folles années de jeunesse saumuroise. Grand merci pour tout, et le toit en ces temps d’attente !
A la famille Bruzy (Alain, Anne, Baptiste, Camille) pour leur hospitalité à Pau. Le mauvais temps aura aussi permis des retrouvailles une quinzaine d’années plus tard, après les équipes jeunes alpinistes, et l’inspiration d’Alain, insatiable voyageur à la recherche de chemins inédits, pour le tour du monde des sommets de 94-95. Quel plaisir que de voir la flamme toujours vivante !
A Fanny Pierot, pour le camp de base à Pau… et pour l’encombrement du garage.
Au sorcier des nuages, toujours prêt à percer les secrets du ciel : « dis, tu pourrais pas demander au soleil de revenir ? »
A Bernard, randonneur basque, qui nous aura intercepté en montagne, avec les munitions locales et appréciées : Jurançon, fromage de brebis, charcuterie etc…
A Régis de FR3 Tarbes, qui nous aura redescendu du Pourtalet, après avoir patienté plusieurs heures sous la pluie pour nous interviewer.
A Franck Adisson « chef-kayak » et ses oncles, revu par hasard lors des sélections olympiques de kayak à Pau. Une rencontre imprévisible mais géniale.
A Johann venu nous retrouver au refuge d’Arlet, juste pour passer une soirée: sympa!
Aux spéléos, Flo , encore Flo, Stef et Phil Bence, qui ont donné au dodtour une dimension supplémentaire, celle du monde « d’en bas ». Spécial thanks à Phil qui depuis le début m’a conseillé sur le meilleur spot, et s’est mis en quatre pour rendre la Pierre St Martin possible. Explorer, toujours !
A Xabi Lucq qui nous a accueilli à la Maison des Vallées à Arette et fait un bout avec nous sur le lapiaz du pic d’Anie.
A Marc Adisson venu de Tarbes avec ses 2 kayaks, Kenny Benoist, Pierre Gelle, les « machines » qui nous ont permis de remonter la Bidassoa. A Didier Vavasseur, pour le prêt du 3ème kayak. A Christelle qui a fait la navette kayak. A Pierre et Elouan le petit frère de Morgan, et toute la famille Perissé , Juzette et ses gars- Tic et Nano, Sophie venus encourager les kayakistes et accompagner la cordée vers sa première borne. Merci pour cette grande fête et le bel enthousiasme ce 1er jour de la traversée.